Rencontrer quelqu’un, c’est accepter l’autre tel qu’il est, sans émettre un jugement sur son apparence, sur ses facultés intellectuelles, ou autre. C’est faire taire les préjugés que nous pouvons avoir. C’est accepter que nous sommes tous à la fois complets et imparfaits.
Nous sommes complets car nous avons une double polarité en nous : le yin et le yang (le féminin et le masculin). Et pourtant nous sommes imparfaits car nous avons un besoin irrépressible d’être avec un autre. Que serait le petit enfant qui vient de naître sans un autre qui l’aime ? Nous sommes la seule espèce, me semble-t-il, où nous avons besoin d’un semblable pour subvenir à nos besoins quand nous sommes enfants.
Ces deux polarités (le yin et le yang) sont en nous et constituent un équilibre qui favorise notre déploiement serein dans la société et en nous-mêmes… à la condition que la rencontre avec l’autre – et avec nous-mêmes – soit un échange d’une forme d’amour. Je ne parle pas forcément de l’amour amoureux. Cet échange d’amour peut être un amour-amitié, ou encore un amour-agapê (que je traduis personnellement par amour-convivialité et que l’on peut vivre avec de parfaits inconnus !). L’autre nourrit en moi le désir de nourrir mes polarités intérieures (le féminin et le masculin).
Le danger est quand l’équilibre entre ces deux polarités intérieures est rompu. Nous devenons un loup ou un agneau pour l’autre. Nous devenons quelqu’un d’autre que nous ne désirons pas être. Nous sommes alors gouvernés par nos peurs plus ou moins conscientes.
Que désirons-nous finalement dans une rencontre ? N’est-ce pas la rencontre elle-même que nous désirons ? Sans elle, pas d’alter ego, pas de miroir bienveillant, pas d’apprivoisement possible qui nous rendrait pleinement humains.
Une rencontre donne du sens à ma vie, elle l’aide à se construire, si et seulement si le miroir que me renvoie mon alter ego est bienveillant.
Claire Roig
Atelier Stylosophie « Qu’est-ce que ‘rencontrer quelqu’un’ ? »

