L’argent est un pilier vital. En tant que moyen d’échanges, il nous permet de subvenir à nos
besoins et à assouvir nos désirs.
S’immisçant dans tous les recoins de nos vies, il se présente sous différentes formes, tantôt
nombre, tantôt métal, tantôt papier. Il se manifeste partout : dans notre panier de courses,
dans le travail, dans les discussions entre amis. Tel un caméléon, l’argent est capable de
camoufler la réalité jusqu’à nous faire croire qu’il est l’identité de tout, à tel point qu’on ne
jure et qu’on ne voit que par lui.
Accaparant notre vue, il impose sa loi en devenant notre étalon universel, potentiellement
déconnecté de la réalité. L’argent omniscient se voit conférer le pouvoir de créer et de
décider à notre place de la valeur d’un fruit, d’une forêt, des hommes.
Pourtant, l’argent n’était ni mauvais, ni bon lorsqu’il était simplement qu’un moyen
d’échanges entre les hommes. C’est le pouvoir que nous, société, lui avons délégué, qui a
amené aux dérives de l’argent roi : l’accumulation, la convoitise, les inégalités.
L’argent ne devrait pas dormir sur des comptes. La juste place de l’argent est de revenir à un
périmètre à son utilité première d’échange et à une circulation inscrite dans la réalité du
partage, où l’argent passe de main en main continuellement.
Décamouflons l’argent en clarifiant nos peurs et en hiérarchisant nos aspirations, pour lui
trouver une place en cohérence avec nous. En effet, nos peurs nous poussent à voir l’argent
comme un refuge sans fenêtre, nous protégeant de l’inconnu mais nous enfermant sans
possibilité de voir d’autres alternatives ou d’autres chemins.
Pour cela, nous pouvons cultiver la confiance en soi et aux autres, en quittant une logique
gain-perte qui nous pousse à une méfiance mutuelle. Revenons à une responsabilité
collective de l’argent, capable de conversion et de reconversion d’idées créatrices en actions
raisonnées.
Hélène Ly
Atelier Stylosophie « Quelle est la juste place de l’argent dans nos vies ? »

