La confiance en soi est mouvante, c’est-à-dire qu’elle s’acquiert progressivement, voire se transforme au gré des expériences positives ou négatives vécues par l’individu. En ce sens, nous pouvons estimer — et non pas affirmer de façon péremptoire et définitive — que la confiance en soi s’apprend.
Cependant, le caractère fluctuant de la confiance en soi entraîne deux constats indissociables. Premièrement, qu’on le veuille ou non, la confiance en soi est intrinsèquement liée à la place que la société attribue à l’individu. Deuxièmement, elle se manifeste lorsque l’individu accepte que sa place dans la société ne soit pas figée, et la confiance en soi se développe de facto lorsque l’individu s’autorise à occuper la place qu’il souhaite dans la société et non celle que cette dernière lui a assignée.
L’individu se trouve dans une position d’équilibriste : plaire aux autres ou se plaire à soi-même ?
Et en ce sens, Emerson avait raison d’exhorter chaque individu à avoir le « courage de ne pas adopter le courage d’un autre ».
Ainsi, même si la confiance en soi dépend — pour une partie non négligeable — d’événements et de rencontres extérieures, elle trouve ses racines dans l’idée même que l’individu se fait de lui-même à un moment T de sa vie. Elle ne saurait être la même à l’adolescence qu’à l’âge adulte.
La confiance en soi ne pourrait être considérée comme un acquis, et encore moins comme une compétence innée, mais davantage comme le résultat d’apprentissages allant de l’introspection (thérapies, bilans de compétences) au questionnement, voire à la remise en question des systèmes qui façonnent notre façon d’être aux autres et au monde (famille, école, travail).
Du fait de son caractère individuel — dans le sens « propre à l’individu qui en fait l’expérience » — la confiance en soi ne saurait s’apprendre aussi facilement que la résolution d’équations mathématiques ou l’art de réaliser des napperons en crochet, quoique, parfois, l’existence paraît être un problème indéchiffrable ou une pelote de laine totalement emmêlée.
La confiance en soi étant multiforme, non linéaire et évolutive, elle s’acquiert par l’affirmation répétée de sa singularité. S’affirmer, c’est s’ouvrir aux autres en s’épargnant la surinterprétation de leurs paroles et aussi de leurs actes.
Ainsi, il serait malaisé de vouloir apprendre à avoir confiance en soi avec une autre personne que soi-même comme enseignant. Il n’existe aucune méthode miracle pour cultiver ou regagner sa confiance en soi, même si, parfois, l’intervention d’un tiers neutre et professionnel (psychologue, conseiller·ère d’orientation) peut créer l’impulsion nécessaire, voire indispensable, de s’octroyer le droit à un peu d’égoïsme et de fierté.
Dans ce sens, la confiance en soi pourra davantage être considérée comme un trésor personnel qui entrerait en résonance avec l’ensemble des trésors personnels possédés par l’ensemble de la communauté.
Bien plus qu’une discipline à apprendre, la confiance en soi est une place à prendre, à maintenir, à affirmer et à chérir.
Esther Gonzal
Atelier Stylosophie « La confiance en soi, cela s’apprend-il ? »

