Ça se cultive davantage que ça ne s’apprend.

Malgré son nom, ce n’est pas une affaire solitaire. Elle se fabrique au contact des autres, ces miroirs qui révèlent nos failles, mais aussi ce dont nous sommes capables. On ne croit jamais seulement en soi sans croire aussi à ceux qui nous entourent. On veut faire confiance à ceux qui nous soutiennent, mais paradoxalement ce sont souvent ceux qui nous font douter le plus qui ont le plus grand pouvoir de légitimation.

Enfants, nous nous entraînions sans le savoir à faire face à l’incertitude : cache-cache, courses-poursuites, contes épouvantables. Nous avions peur, mais nous aimions ça. Nous apprenions à jouer avec l’inconnu : nous laissions libre cours à notre imagination, nous sautions dans le vide parfois simplement parce que nos petits camarades nous y encourageaient.

Adultes, nous faisons la même chose sans en avoir conscience. Nous anticipons, nous imaginons le pire, nous ruminons. C’est encore une forme d’entraînement. La différence, c’est que nous oublions parfois d’y prendre part activement. Car le doute, seul, ne construit rien. Ce n’est pas en hésitant sur tout qu’on devient capable. À force de croire que rien n’est certain, on peut finir par ne plus agir du tout.

La confiance en soi ne précède pas l’action. Elle en est le produit.

Les enfants, eux, se sentent capables de tout parce qu’ils jouent. Le plaisir dépasse ce qu’ils risquent de perdre.

Peut-être que pour un adulte, il s’agit moins de gagner en confiance que de ne pas la perdre et de se rendre compte avec émerveillement que notre riche expérience peut être transférée d’un domaine à l’autre.

La confiance en soi, c’est répondre au défi de bâtir un pont fragile entre ce que l’on sait faire et ce que la vie nous impose d’inattendu. Elle fait appel à l’art de l’échafaudage : il faut accepter que le pont ne se fera ni ne se tiendra tout seul dès le départ. Accepter l’instable, le provisoire, l’imperfection. Avancer avant d’être prêt.

Laurence

Atelier Stylosophie « La confiance en soi, cela s’apprend-il ? »